Canardières

Cairnbraid

Le nom du Kooïker est irréfutablement lié au "eendenkooï ", la canardière ( eenden = canards / kooï = piège )

Les canardières sont une invention originale hollandaise et sont connues sous leur forme actuelle depuis plus de 600 ans.

 

A quoi ressemble une canardière ?

 

La canardière consiste en un étang avec une paire de bras latéraux de chaque côté.

Cet étang est le plus souvent entouré de haies de roseau tressé qui garantit la paix des lieux et protège du vent.

Les bras latéraux peuvent être comparés à de larges fossés incurvés vers leur extrémité où se trouve un piège à trappe. Ces canaux sont couverts de filets sur lesquels seront posées des branches feuillues, le tout servant à empêcher les canards de s'envoler.

Sur la berge extérieure du canal se trouve aussi une série d'écrans de roseaux tressés disposés en arêtes derrière lesquels l'homme et son chien peuvent se déplacer à l'insu des canards.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Document VHNK

 

Il y a des canards sédentaires qui vivent en permanence sur l'étang. Leur rôle est de leurrer leurs congénères sauvages et de les attirer sur la canardière.

 

 

Le chien de canardière.

 

L'homme ne pourrait capturer les canards tout seul. En général il se fait aider par un petit chien, le Kooïkerhondje, le chien de canardière.

Sa couleur va du rouge-orangé au jaune. Les anciennes gravures montrent des chiens à poils longs aussi bien que courts.

Mais la chose la plus importante à l'époque était l'aspect utilitaire du chien. C'était également le principal critère de sélection pour son élevage.

Voici les autres critères recherchés :

- Actif

- Pas bruyant

- Attentif

- Aptitude à apprendre

- Une certaine autonomie

- Bonne foulée avec des virages courts

- Ardent destructeur de rongeurs

(son second "métier").

- Pas trop grand

 

 

Méthode de capture.

 

Chaque matin et chaque soir, l'homme choisit un canal latéral selon la direction du vent. Le sens du vent est important car les canards s'envolent toujours face au vent.

Une fois le canal sélectionné, il y lance de la nourriture. Les canards sédentaires le savent et s'y précipitent en nageant, entraînant à leur suite les canards sauvages. C'est le moment pour le chien d'entrer en action.

Sous les indications de son maître, il marche successivement vers l'avant puis vers l'arrière de chaque écran, apparaissant et disparaissant à la vue des canards.

Ceux-ci peuvent entrevoir par intermittence le panache blanc de sa queue qui s'agite.

Ils sont intrigués et curieux et suivent les déplacements du chien-fantôme le long du canal, dans le tunnel.

L'homme se montre aux canards lorsque ceux-ci sont engagés assez loin dans le tunnel. Les canards sédentaires connaissent le manège et font demi-tour. Ils ne craignent pas l'homme qui les nourrit, contrairement aux canards sauvages que la présence de l'homme empêche de suivre le mouvement des sédentaires de retour vers l'étang.

Il n'est plus possible pour les canards sauvages d'apercevoir l'étang une fois qu'ils ont passé la courbe, aussi nagent-ils vers la lumière à l'extrémité du tunnel. Quand ils arrivent dans la cage, l'homme ferme la trappe.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rôle du Canardier.

 

Faire des aller-retour entre les écrans est une tâche tout à fait spécifique du Kooiker. Un bon panache blanc (appelé plume ) est également important. La curiosité des canards est titillée du fait qu'ils n'entrevoient la "plume" que par intermittence.

Bien sûr, le travail à la canardière doit être silencieux , un aboiement effrayerait les canards.

C'est pourquoi le maître entraîne son chien aussi bien à la voix qu'aux gestes. Il doit y avoir une coopération silencieuse entre eux. Cela permet même au chien de travailler seul si nécessaire, tout en gardant un oeil sur les mouvements de son maître.

Au cours des siècles précédents, le Kooiker n'était pas autorisé à quitter la canardière, pas même la nuit. Il était donc usuel qu'il reste seul dans cette enceinte.

Le travail à la canardière est un cas unique d'interaction entre des canards (les sédentaires ), un homme et son chien dans le but de capturer d'autres canards, sauvages ceux-là.

Ce n'est pas un travail de conduite comme un chien de berger avec son troupeau mais plutôt un "jeu" d'attraction. Cela demande beaucoup de dévouement, de patience et de connaissance professionnelle du comportement des canards et du chien pour arriver à ce résultat. Calme et silence sont impératifs !

Il y a environ une centaine de canardières aux Pays-Bas. La plupart sont maintenant dédiées à la Recherche Scientifique. Dans certains cas, on y utilise encore un Kooiker.

 

 

 

On peut assister à des démonstrations

 

de travail de canardier avec des

 

écrans de roseau lors de Journées

 

organisées par le VHNK, le Club

 

hollandais qui préside aux

 

destinées de la race.

 

 

 

 

Documents VHNK

Photo Ine Dekker